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Citations de Chaplin


Grâce à l'humour, nous sommes moins accablés par les vicissitudes de l'existence.

Extrait de “Histoire de ma vie” : “Ma conception à moi de l’humour est quelque peu différente : c’est à mes yeux le subtil décalage qu’on distingue dans ce qui semble être le comportement normal. Autrement dit, l’humour nous permet de voir, à travers ce qui paraît rationnel, irrationnel. Il renforce aussi notre instinct de survie et sauvegarde notre santé d’esprit. Grâce à l’humour, nous sommes moins accablés par les vicissitudes de l’existence. Il développe notre sens des proportions et nous révèle que l’absurde rôde toujours derrière une gravité exagérée.”




La fortune et l'infortune s'abattent sur vous au hasard, comme des nuages d'averse.

Extrait de “Histoire de ma vie” : “J’ai eu droit à l’affection, à l’amour et aussi à la haine du monde. Oui, le monde m’a prodigué ce qu’il a de mieux et m’a presque entièrement épargné ce qu’il a de pire. Malgré toutes mes vicissitudes, je crois que la fortune et l’infortune s’abattent sur vous au hasard, comme des nuages d’averse. Sachant cela, je ne suis jamais trop bouleversé par ce qui m’arrive d’ennuyeux, et je suis agréablement surpris de ce qui m’arrive de bien. Je n’ai pas d’art de vivre, pas de philosophie : sage ou fou, il nous faut tous lutter avec la vie. Je chancelle sous les contradictions : parfois de petits détails m’agacent et des catastrophes me laissent indifférent.”




Sage ou fou, il nous faut tous lutter avec la vie.

Extrait de “Histoire de ma vie” : “J’ai eu droit à l’affection, à l’amour et aussi à la haine du monde. Oui, le monde m’a prodigué ce qu’il a de mieux et m’a presque entièrement épargné ce qu’il a de pire. Malgré toutes mes vicissitudes, je crois que la fortune et l’infortune s’abattent sur vous au hasard, comme des nuages d’averse. Sachant cela, je ne suis jamais trop bouleversé par ce qui m’arrive d’ennuyeux, et je suis agréablement surpris de ce qui m’arrive de bien. Je n’ai pas d’art de vivre, pas de philosophie : sage ou fou, il nous faut tous lutter avec la vie. Je chancelle sous les contradictions : parfois de petits détails m’agacent et des catastrophes me laissent indifférent.”




Il existe une fraternité entre ceux qui veulent passionnément savoir.

Extrait de “Histoire de ma vie” : “Il existe une fraternité entre ceux qui veulent passionnément savoir. J’en faisais partie. Mais mes mobiles n’étaient pas si purs ; je voulais savoir, non pas pour l’amour de la connaissance, mais pour me défendre contre le mépris dans lequel le monde tient les ignorants. Aussi, quand j’en avais le temps, allais-je flâner chez les bouquinistes.”




Le froid, la faim et la honte née de la pauvreté sont plus susceptibles d'affecter la psychologie.

Extrait de “Histoire de ma vie” : “Contrairement à Freud, je ne crois pas que la sexualité constitue l’élément le plus important du comportement. Le froid, la faim et la honte née de la pauvreté sont plus susceptibles d’affecter la psychologie.”




Si un gag nuisait à la logique des faits, si drôle qu'il fût, je ne l'utilisais pas.

Extrait de “Histoire de ma vie” : “Je commençais à me préoccuper de la construction de mes comédies et à prendre conscience de leur architecture. Chaque séquence amenait la suivante, et l’ensemble formait un tout. […] Ces comédies avaient beau être simples et sans recherche, il y entrait beaucoup de réflexion et d’invention. Si un gag nuisait à la logique des faits, si drôle qu’il fût, je ne l’utilisais pas.”




La transition du burlesque au sentiment était une question de nuance et de discernement dans l'arrangement des séquences.

Extrait de “Histoire de ma vie” : “Gouverneur Morris, écrivain et auteur de nouvelles qui avait écrit de nombreux scénarios pour le cinéma, m’invitait souvent chez lui. ‘Guvvy’, comme nous l’appelions, était un garçon charmant et sympathique, et quand je lui parlai du Kid, et de la forme que prenait le film, le burlesque s’harmonisant avec le sentiment, il me dit : ‘Ca ne marchera pas. La forme doit être pure, ou bien du burlesque ou bien du drame, vous ne pouvez pas les mélanger, sinon un des éléments de votre histoire fera défaut. Nous eûmes toute une discussion à ce propos. Je déclarai que la transition du burlesque au sentiment était une question de nuance et de discernement dans l’arrangement des séquences. J’affirmai que la forme prenait existence après qu’on l’avait créée, que si l’artiste concevait un monde et y croyait vraiment, quels qu’en fussent les composants, ce monde serait convaincant. Bien sûr, cette théorie ne s’appuyait que sur mon intuition. On avait connu la satire, la farce, le réalisme, le naturalisme, le mélodrame et la fantaisie, mais le burlesque pur et le sentiment, les constituants du Kid, c’étaient une sorte d’innovation.”




Le point de vue le plus simple est toujours le meilleur.

Extrait de “Histoire de ma vie” : “L’intellectualisation de la ligne et de l’espace, la composition, le rythme, etc., tout cela est bel et bon, mais n’a pas grand-chose à voir avec le fait de jouer, et est susceptible de tomber dans le dogmatisme sec. Le point de vue le plus simple est toujours le meilleur.”




Le métier d'acteur exige avant tout de la sensibilité.

Extrait de “Histoire de ma vie” : “Je ne crois pas qu’on puisse enseigner à jouer la comédie. J’ai vu des gens intelligents en être incapables et des imbéciles jouer fort bien. Mais le métier d’acteur exige avant tout de la sensibilité.”




"Le dessein de l’art ... est d’intensifier les sensations, les couleurs, les sons."

Extrait de “Mon tour du monde” : “Je préfère penser que le dessein de l’art – si tant est qu’il en ait un – est d’intensifier les sensations, les couleurs, les sons et de donner ainsi à l’artiste un plus large éventail pour exprimer la vie plutôt que de la réduire à sa dimension morale.”




C’est tout ce qui compte dans la vie : la beauté. Quand vous avez trouvé la beauté, vous avez tout.

D’une interview avec Henry Carr, “Chaplin Explains Chaplin”, Motion Picture Magazine, novembre 1925: “J’aime la tragédie ; c’est beau, la tragédie. La seule forme de comédie qui en vaille la peine, c’est celle qui est faite de beauté. C’est tout ce qui compte dans la vie : la beauté. Quand vous avez trouvé la beauté, vous avez tout. Seulement, elle est difficile à trouver.”




Il nous faut bien rire en face de notre impuissance devant les forces de la nature... ou bien devenir fou.

Extrait de “Histoire de ma vie”, en parlant de la conception de La Ruée vers l’or : “Dans la création d’une comédie, c’est paradoxal, mais la tragédie stimule le sens du ridicule ; parce que le ridicule, sans doute, est une attitude de défi : il nous faut bien rire en face de notre impuissance devant les forces de la nature… ou bien devenir fou.”




Chacun de nous a sa place et notre terre est bien assez riche, elle peut nourrir tous les êtres humains. Nous pouvons tous avoir une vie belle et libre mais nous l'avons oublié. L'envie a empoisonné l'esprit des hommes, a barricadé le monde avec la haine, nous a fait sombrer dans la misère et les effusions de sang.

Le discours final du film Le Dictateur




La vie serait merveilleuse si les gens vous laissaient tranquille.

Réplique de Hannah (Paulette Goddard) au barbier (Charles Chaplin) dans Le Dictateur (1940)




Ce monde est impitoyable, et il faut être sans pitié pour y faire face.

D’une scène de Monsieur Verdoux




Je préfère être appelé un escroc réussi qu'un monarque dépourvu.

King Shadov (Charles Chaplin) dans Un roi à New York (1957)




La vie est une belle et magnifique chose, même pour une méduse.

D’une scène des Feux de la rampe




L’imagination n’est rien sans l’action.

Notes manuscrites de Chaplin dans les archives




Ceux qui pensent profondément disent peu dans les conversations ordinaires.

Notes manuscrites de Chaplin dans les archives




Je suis un vieux pécheur. Rien ne me choque.

Dans Les Feux de la rampe (1952): Calvero (Charles Chaplin) pense que Terry (Claire Bloom) a peut-être une maladie vénérienne




Pourquoi voulez-vous un sens ? La vie est désir, pas un sens.

D’une scène des Feux de la rampe




Quelle triste entreprise que d'être drôle !

Les Feux de la rampe (1952): Réplique de Terry (Claire Bloom) à Calvero (Charles Chaplin) quand il parle de sa carrière




Je suppose que c'est l'une des ironies de la vie : faire la mauvaise chose au bon moment.

D’une scène de Monsieur Verdoux




Le désespoir est un narcotique, il nous fait sombrer dans l'indifférence.

Réplique d’Henri Verdoux (Chaplin) dans Monsieur Verdoux (1947)




La beauté est au cœur de toute chose, c’est une exaltation, un hymne à la vie et à la mort, au bien et au mal, à la vilenie et à la pureté, à la joie et à la douleur, à la haine et à l’amour – elle est tout entière incarnée dans ce que nous voyons et entendons. C’est une forme d’empathie, une communion avec l’art ou la nature tels que nous les observons, perçue tout entière par nos sens comme une parfaite harmonie musicale.

Notes manuscrites de Chaplin dans les archives (“Thoughts and Ideas.” June 2, 1955. ch00372002)




Tous les artistes traversent des périodes de creux – des moments de mise en jachère, qui permettent de labourer le sol, de retourner nos expériences passées et de les arroser avec de nouvelles.

Dans “Mon tour du monde” : “Après la sortie des Lumières de la ville, “ Mes amis m’ayant convaincu que la soirée avait été un succès, je décide de partir pour New York dès le lendemain soir pour oublier l’épreuve de cette première à Los Angeles.
À mon arrivée, j’invite le célèbre caricaturiste et écrivain Ralph Barton à m’accompagner en Europe. Il m’avoue qu’il est déprimé et qu’il a tenté de se suicider il y a peu. Pauvre Ralph ! J’invoque alors son amour-propre et clame que je ne me laisserais jamais vaincre par la vie, avant d’ajouter :
– Rien n’est grave, sauf la douleur physique. Nos tragédies sont ce que nous en faisons.
Sur le plan artistique, Ralph est exsangue. Cela le ronge et c’est sans doute l’une des raisons qui le poussera finalement à mettre fin à ses jours.
Aussi, je tente de lui remonter le moral :
– Tous les artistes traversent des périodes de creux – des moments de mise en jachère, qui permettent de labourer le sol, de retourner nos expériences passées et de les arroser avec de nouvelles. En découle une moisson féconde, dis-je en riant. Ce dont tu as besoin, c’est d’aventure. Viens avec moi en Europe.
Il accepte mon invitation et nous embarquons à bord du Mauretania, en partance pour l’Angleterre.”




J’espère que le divertissement que j’offre aux spectateurs aura quelque effet durable. Je souhaite qu’ils perçoivent la beauté que je recherche. Cette beauté que je veux exprimer n’embrasse pas seulement des caractéristiques et des situations matérielles, mais les émotions authentiques et fondamentales de l’humanité. La beauté. L’objet de ma quête, c’est la beauté.

De “A window in the New World”, Toronto Star Weekly, May 14, 1921




La mécanisation devrait être une bénédiction pour l’homme et non une malédiction.

Charles Chaplin, Proposition pour la résolution des réparations de guerre, 1932 : « Nous sommes capables de produire en abondance de la nourriture et des biens matériels, et de fabriquer en quantité tous les objets de la vie courante et les produits de luxe. La mécanisation devrait être une bénédiction pour l’homme et non une malédiction. Il nous faut donc des semaines de travail plus courtes et de l’argent moins cher. Le pouvoir d’achat dépend des salaires. Augmentons alors ces derniers pour que chacun puisse profiter des avantages et de la grandeur de la science, lesquels n’ont pas été créés uniquement pour le profit, mais aussi pour servir à l’humanité. »




Si seulement jeunes et vieux pouvaient avoir le même âge.

Notes manuscrites de Chaplin dans les archives




Ma mère faisait briller pour moi la lumière la plus étincelante de bonté que ce monde ait jamais connue, et qui a doté la littérature et le théâtre de leurs thèmes les plus grands et les plus riches : l'amour, la compassion et l'humanité.

De “Histoire de ma vie” : “ Je me souviens d’un soir, dans notre unique chambre au rez-de-chaussée, sur Oakley Street. J’étais au lit où je me remettais d’un accès de fièvre. Sydney était parti pour le cours du soir et ma mère et moi étions seuls. L’après-midi s’achevait et elle était assise, le dos à la fenêtre, en train de lire, de jouer et d’expliquer à sa façon, qui était inimitable, le Nouveau Testament et l’amour et la compassion du Christ pour les pauvres et les petits enfants. Peut-être son émotion était-elle due à ma maladie, mais elle me donna l’interprétation la plus séduisante et la plus lumineuse du Christ que j’aie jamais vue ni entendue. […] Ma mère m’avait bouleversé si fort que je voulais mourir le soir même pour rencontrer Jésus. Mais elle n’était pas si enthousiaste. ‘Jésus veut que tu vives d’abord pour accomplir ta destinée ici-bas,’ expliqua-t-elle. Dans cette pièce sombre, de ce rez-de-chaussée d’Oakley Street, ma mère faisait briller pour moi la lumière la plus étincelante de bonté que ce monde ait jamais connue, et qui a doté la littérature et le théâtre de leurs thèmes les plus grands et les plus riches : l’amour, la compassion et l’humanité.”




Si j’ai du succès, c’est que je travaille dur, avec le souci du détail. Je pense constamment à mon travail. Je suis même incapable de lire un livre ou de tenir une conversation sans tenter de repérer un effet comique dans les moments les plus sérieux.

Dans “Charlie Chaplin tells Chronicle Correspondent He Never Wanted to be a Famous Funnyman” d’Elizabeth Peltret, Paterson Chronicle, 4 février 1917




Plaisanter est une affaire sérieuse.

D’un article écrit par Chaplin intitulé “Making Fun”, dans The Soil, décembre 1916 : “Plaisanter est une affaire sérieuse. Cela demande une étude approfondie, une observation intense. Il appartient à l’homme qui se veut drôle de savoir ce qui fait rire les gens et pourquoi cela les fait rire. Il doit être psychologue avant de prétendre devenir un comique de talent.”




Le désir de paix est universel. [...] Tentons de nous comprendre les uns les autres. Car, dans la guerre moderne, il n’y a pas de vainqueur.

En obtenant le prix du Conseil mondial de la paix, en 1954, Chaplin déclare lors d’une conférence de presse : « Le désir de paix est universel. Je ne prétends pas avoir les réponses aux problèmes qui la menacent, mais je sais ceci : les nations ne résoudront jamais leurs différends dans un climat de haine ou de suspicion, ni sous la menace des bombes à hydrogène. Préparer le public à accepter la guerre nucléaire, avec son cortège d’horreurs, est un crime contre l’humanité qui ne peut que fragiliser le monde. Libérons-nous donc de ce climat délétère. Tentons de nous comprendre les uns les autres. Car, dans la guerre moderne, il n’y a pas de vainqueur. »




L’Amérique a changé [...] Les proportions gigantesques qu'ont prises les institutions industrielles, la presse, la télévision et la publicité m'ont complètement coupé de la conception américaine de la vie. Ce qu'il me faut, c'est l'autre face de la médaille, un sens de la vie personnelle plus simple.

Après son départ des États-Unis, Chaplin écrit dans son autobiographie : « Des amis m’ont demandé si les Etats-Unis me manquent, ou New York. En toute franchise, non. L’Amérique a changé, et New York aussi. Les proportions gigantesques qu’ont prises les institutions industrielles, la presse, la télévision et la publicité m’ont complètement coupé de la conception américaine de la vie. Ce qu’il me faut, c’est l’autre face de la médaille, un sens de la vie personnelle plus simple, et non pas les avenues ostentatoires ni les immeubles titanesques qui rappellent à jamais les grosses affaires et leurs pesantes réussites. »




On peut toujours se baisser pour ne rien ramasser.

D’une scène de Monsieur Verdoux mais également dans Histoire de ma vie : “Ma mère me disait toujours : ‘On peut toujours se baisser pour ne rien ramasser.’ Mais elle-même ne souscrivait pas à cet adage, et mon sens des convenances en était souvent choqué.”




Je suis un artiste, pas un homme politique.

Extrait de My Trip Abroad, 1921




Si je parlais, je deviendrais un comédien comme les autres.

Extrait de “Histoire de ma vie” : “Lorsque nous arrivâmes chez moi à Beverly Hills, les nouvelles du studio étaient encourageantes. Les Temps Modernes était un grand succès. Mais une fois de plus, la même question déprimante se posait : devrais-je tourner un autre film muet ? […] Si je parlais, je deviendrais un comédien comme les autres.”




La solitude de la vieillesse n’a rien de tragique à mes yeux, je la trouve même commode. Non, je ne voudrais pas toucher à un seul atome du moule dans lequel j’ai été coulé. Je vais là où me porte le vent.

Extrait d’une préface non publiée pour Histoire de ma vie : “Tandis que l’hiver de la vie descend sur moi et que nos amitiés, comme les arbres, perdent leurs feuilles, l’existence revêt une autre forme de beauté, tout aussi majestueuse que le feuillage exubérant de l’été. En vieillissant, je me sens davantage en harmonie avec la nature et son extraordinaire perfection. Jamais je ne me permettrais de nier une tempête, de déranger une herbe ou d’influer sur le voyage solitaire que nous devons tous inéluctablement entreprendre. La solitude de la vieillesse n’a rien de tragique à mes yeux, je la trouve même commode. Non, je ne voudrais pas toucher à un seul atome du moule dans lequel j’ai été coulé. Je vais là où me porte le vent.”




Je peux désormais me passer complètement de l’Amérique. Je ne voudrais pas y retourner même si le Christ en était le président ... Malgré sa prospérité matérielle, [l’Amérique] est un pays lugubre.

Cedric Belfrage du National Guardian (un hebdomadaire socialiste américain), rendit visite à Chaplin à Vevey et publia ensuite des extraits de leur conversation privée dans “Chaplin Looks at USA”, le 14 novembre 1955 : “Je peux désormais me passer complètement de l’Amérique. Je ne voudrais pas y retourner même si le Christ en était le président. Oui, je suis amer, très amer. Mais n’oubliez pas que, pendant quinze ans, on m’a harcelé en me qualifiant de « communiste » et que j’ai été persécuté comme un criminel : j’ai failli écoper de vingt-cinq ans de prison pour « traite des Blanches » ou n’importe quel délit qui leur passait par la tête. Mes films n’ont pas besoin du marché américain. Je n’autoriserai plus jamais la distribution en Amérique d’aucun des films dont j’ai le contrôle. Malgré sa prospérité matérielle, [l’Amérique] est un pays lugubre. Je ne suis pas contre le matérialisme, mais regardez ce qu’a fait le matérialisme américain. Les gens ne savent plus pleurer. La compassion et le bon voisinage ont disparu. Les gens restent indifférents quand leurs amis ou leurs voisins sont attaqués, calomniés, écrasés. La pire des conséquences concerne les enfants. On leur apprend l’admiration et l’imitation des mouchards, la trahison et la haine, le tout dans une atmosphère nauséeuse d’hypocrisie religieuse.”

Chaplin découvre qu’il fut manipulé en recevant un télégramme de l’agence de presse United Press Association lui demandant de confirmer les citations. Il répondit, “Que j’aie tenu ou non ces propos, qu’ils soient vrais ou non, cet homme ne serait jamais entré chez moi comme journaliste. Je l’ai reçu à titre privé.”




Les complexités de plus en plus nombreuses de la vie moderne, le rythme effréné du vingtième siècle font que l’individu se trouve cerné par des institutions gigantesques qui le menacent de tous côtés, sur le plan politique, scientifique et économique. Nous devenons les victimes du conditionnement des âmes, des sanctions et des permissions.

Extrait de “Histoire de ma vie” : Je crois le moment venu de dresser un bilan du monde tel que je le vois aujourd’hui. Les complexités de plus en plus nombreuses de la vie moderne, le rythme effréné du vingtième siècle font que l’individu se trouve cerné par des institutions gigantesques qui le menacent de tous côtés, sur le plan politique, scientifique et économique. Nous devenons les victimes du conditionnement des âmes, des sanctions et des permissions.

Cette matrice dans laquelle nous nous sommes laissé mouler est due à un manque d’intuition culturelle. Nous nous sommes lancés aveuglément dans la laideur et dans l’entassement et nous avons perdu notre sens esthétique. Notre sens de la vie a été émoussé par l’appât du gain, le pouvoir et le monopole. Nous avons laissé ces forces nous envelopper sans nous préoccuper le moins du monde des redoutables conséquences que cela pourrait avoir.

La science, privée d’une orientation réfléchie et du sens des responsabilités, a remis aux politiciens et aux militaires des armes de destruction telles qu’ils détiennent entre leurs mains le destin de toutes les créatures vivantes sur terre.

Cet excès de pouvoir confié aux mains d’hommes doués d’une responsabilité morale et d’une compétence intellectuelle dont le moins qu’on puisse dire est qu’elles ne sont pas infaillibles, et dans bien des cas contestables, pourrait se terminer par une guerre qui exterminerait toute vie sur terre. et pourtant, nous allons aveuglément de l’avant.

[…]

L’homme est un animal aux instincts de survie primitifs. Son ingéniosité s’est donc développée d’abord, et son âme ensuite. Ainsi le progrès scientifique a-t-il une avance considérable sur le comportement moral de l’homme.




Au long des années, j'ai découvert que les idées vous viennent quand on éprouve un désir intense d'en trouver ; l'esprit devient ainsi une sorte de tour de guet d'où l'on est à l'affût de tout incident susceptible d'exciter l'imagination : de la musique, un coucher de soleil peuvent donner une image à une idée.

Extrait de “Histoire de ma vie” : “Des journalistes m’ont demandé comment me viennent les idées de mes films et jusqu’à ce jour, je n’ai jamais pu leur répondre de façon satisfaisante. Au long des années, j’ai découvert que les idées vous viennent quand on éprouve un désir intense d’en trouver ; l’esprit devient ainsi une sorte de tour de guet d’où l’on est à l’affût de tout incident susceptible d’exciter l’imagination : de la musique, un coucher de soleil peuvent donner une image à une idée.
Je crois que la bonne méthode consiste à choisir un sujet qui vous stimule, à le développer et à le mettre au point et puis, si on n’est pas capable d’aller plus loin, à l’écarter pour en choisir un autre. L’élimination après l’accumulation, c’est ainsi qu’on peut découvrir ce qu’on veut.”




Comment a-t-on des idées ? Par la persévérance poussée jusqu'au bord de la folie.

Extrait de “Histoire de ma vie” : “Des journalistes m’ont demandé comment me viennent les idées de mes films et jusqu’à ce jour, je n’ai jamais pu leur répondre de façon satisfaisante. […] Comment a-t-on des idées ? Par la persévérance poussée jusqu’au bord de la folie. Il faut avoir la capacité de supporter l’angoisse et de conserver son enthousiasme pendant une longue période. Peut-être est-ce plus facile pour certains que pour d’autres, mais j’en doute.”




Le savoir inspire le courage. Je ne suis pas sceptique mais je préfère savoir plutôt que de croire.

Notes manuscrites de Chaplin dans les archives




Vivre pour raisonner, ou raisonner pour vivre : telle est la question.

Notes manuscrites de Chaplin dans les archives




Je suis qui je suis : un individu, unique et différent.

Somerset Maugham écrivit sur Chaplin : « Charlie Chaplin… il amuse de façon simple, charmante et spontanée. Et cependant on a tout le temps l’impression que derrière tout cela se dissimule une profonde mélancolie. C’est un être à l’humeur changeante et il n’est pas nécessaire de rappeler sa facétieuse déclaration : ‘Oh, j’avais une telle crise de cafard hier soir que je ne savais pas quoi faire de moi’ pour vous faire comprendre que son humour est doublé de tristesse. Il ne vous donne pas l’impression d’être un homme heureux. J’ai le sentiment qu’il souffre d’une certaine nostalgie des faubourgs. La célébrité dont il jouit, sa richesse, l’emprisonnement dans un mode de vie où il ne trouve que contrainte. Je crois qu’il se rappelle la liberté de sa jeunesse difficile, toute de pauvreté et d’amères privations, avec une nostalgie dont il sait qu’elle ne pourra jamais être satisfaite. Pour lui, les rues du sud de Londres sont le théâtre de mille divertissements, d’aventures gaies et extravagantes… je l’imagine entrant dans sa maison et se demandant ce qu’il peut bien faire dans la demeure de cet étranger. Je soupçonne que le seul endroit qu’il puisse jamais considérer comme un foyer, c’est ce premier étage sur cour de Kennington Road. Un soir, je me promenais avec lui à Los Angeles, et nos pas finirent par nous conduire dans le plus pauvre quartier de la ville. Il y avait maisons de rapport sordides et des boutiques tout à la fois miteuses et criardes, où l’on vend les diverses denrées que les pauvres achètent au jour le jour. Son visage s’illumina et ce fut d’un ton plein d’entrain qu’il s’exclama : ‘Tenez, c’est ça la vraie vie, vous ne trouvez pas ? Tout le reste n’est que de la frime.’ » Cependant, dans « Histoire de ma vie », Chaplin écrivit « Cette façon de vouloir rendre la pauvreté séduisante pour autrui est agaçante. Je n’ai encore jamais rencontré un pauvre qui ait la nostalgie de la pauvreté, ni qui trouve là la liberté. Pas plus que Mr Maugham ne pourrait convaincre que la célébrité et la grande richesse sont synonymes de contrainte. Je ne trouve aucune contrainte dans la richesse, au contraire, j’y trouve beaucoup de liberté. » Plus loin Chaplin conclut, « Malgré ce que prétend Maugham, comme tout le monde, je suis ce que je suis : un individu, unique et différent, avec derrière moi tout l’héritage de désirs et de besoins ancestraux, avec tous les rêves, les désirs et les expériences personnelles dont je suis la somme. »




Tu ne trouveras jamais d'arc-en-ciel si tu regardes en bas.

En anglais : “You’ll never find rainbows if you’re looking down.” Des paroles de “Swing Little Girl”, la chanson au début du film Le Cirque.




C'est scandaleux de penser qu'à l'âge de la vitesse atomique, on ne peut pas circuler si on n'a pas de passeport.

Réplique de Rupert Macabee (Michael Chaplin) dans Un roi à New York.
V.O. : “It is incongruous that in this atomic age of speed we are shut in and shut out by passports.”




Nous sommes tous des amateurs. On ne vit pas assez longtemps pour être autre chose.

Réplique de Calvero dans Les Feux de la rampe :
Postant: Don’t you worry. Tonight you’re going to make them all look like a bunch of amateurs.
Calvero: That’s all any of us are - amateurs. We don’t live long enough to be anything else.




Je trouve cela foncièrement inhumain et contre nature de persécuter une minorité. C’est une conviction immuable, que rien ne pourra ébranler.

En parlant de son film Le Dictateur Charlie Chaplin est cité dans le Detroit Michigan Free Press du 25 août 1940, dans l’article de John S. Truesdell intitulé “Chaplin’s Great Dictator Now Ready for Release” : « Si j’ai réalisé ce film, c’est parce que je trouve cela foncièrement inhumain et contre nature de persécuter une minorité. C’est une conviction immuable, que rien ne pourra ébranler. Le film est par définition antimilitariste. Sa seule arme, c’est le rire, et sa cible, la vanité des hommes qui se croient au-dessus des autres. »