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Citations de Chaplin


La simplicité est une chose difficile à atteindre.

D’une interview avec Richard Meryman, 1966




Le rire est un tonique, un soulagement, un répit qui permet d'atténuer la douleur.

MR. CHAPLIN ANSWERS HIS CRITICS; The Comedian Defends His Ending of ‘The Great Dictator’, un article de Charles Chaplin dans The New York Times, le 27 octobre 1940.




Notre existence est un demi-rêve ... il est difficile de savoir où s'achève le rêve et où commence la réalité.

Extrait de “Histoire de ma vie” : “Il y a des mystiques qui croient que notre existence est un demi-rêve et qu’il est difficile de savoir où s’achève le rêve et où commence la réalité. Il en était ainsi pour moi.”




L’affection des gens me fait mal, mais d’une magnifique douleur.

Extrait de “Mon tour du monde” : “Une foule attend devant l’hôtel, ce qui me touche là encore. L’affection des gens me fait mal, mais d’une magnifique douleur.”




Nous pensons beaucoup trop et nous ne ressentons pas assez.

Le discours final du film Le Dictateur




Il faut tous nous battre pour un monde nouveau.

Le discours final du film Le Dictateur




Le monde n’est pas composé de héros et de méchants mais d’hommes et de femmes avec toutes les passions que Dieu leur a donné. L’ignorant condamne leurs fautes, le sage les prend en pitié.

Préface du film L’Opinion publique (1923)




Je suis en paix avec Dieu. Mon conflit est avec l'homme.

D’une scène de Monsieur Verdoux




Ce qui est essentiel pour un grand acteur c'est qu'il s'aime quand il joue.

Histoire de ma vie, Charles Chaplin




Tout ce qu'il me faut pour faire une comédie, c'est un jardin public, un policeman et une jolie fille.

Dans “Histoire de ma vie” :
« ‘Le public ne fait pas la queue devant la caisse quand votre nom est à l’affiche comme il le fait pour moi.’
‘Peut-être,’ riposta Sennett, ‘mais sans l’appui de notre organisation, tu serais perdu. Regarde ce qui est arrivé à Ford Sterling.’
C’était vrai, car Ford n’avait pas fait une carrière tellement brillante depuis qu’il avait quitté Keystone. Mais je dis a Sennett : ‘Tout ce qu’il me faut pour faire une comédie, c’est un jardin public, un policeman et une jolie fille.’ »




Rencontrer des personnes dans un cadre officiel revient à visiter une maison sans y entrer.

Extrait de “Mon Tour du monde” : “Rencontrer des personnes dans un cadre officiel revient à visiter une maison sans y entrer. Je me souviens de mon rendez-vous à la Maison blanche avec le président Wilson, pendant la troisième campagne des Bons pour la Liberté. Nous étions quatre : Mary Pickford, Marie Dressler, Douglas Fairbanks et moi-même. On nous introduisit dans le fameux Salon vert où nous fûmes invités « à bien vouloir nous assoir ». J’avais écrit un discours pour l’occasion, dans lequel je souhaitais faire part au président des anecdotes flatteuses et amusantes le concernant. Un fonctionnaire entra : « Veuillez vous lever et vous mettre en ligne », s’il vous plaît. Puis le président arriva. « Veuillez tous avancer d’un pas, ajouta le fonctionnaire, qui fit les présentations de façon officielle. Bienveillant, le président considéra que c’était à lui de nous raconter quelque chose alors que nous étions ainsi alignés devant lui. Désireux d’alléger la solennité de l’instant, je me mis à rire avant qu’il n’eût le temps de terminer son propos, ce qui me valut des regards inquiets de la part de mes camarades. Puis vint le moment des silences embarrassants. Marie Dressler prit les choses en main et se mit à son tour à raconter une histoire. N’ayant rien entendu des interventions de l’un et de l’autre, je ne me souviens pas de ce qui fut dit – je me rappelle simplement mes rires polis. Marie se retrouva ensuite à décrire au Président l’esprit formidable et le désir de coopération qui régnaient dans le pays. Une chance se présenta alors à moi d’intervenir et je dis d’une voix étranglée : « En effet… » Mais, inquiet à l’idée de commettre une faute de grammaire, je me trouvais de l’incapacité de poursuivre. Ce fut là ma seule contribution à cette entrevue et je quittai la Maison blanche joyeusement ébahi et fier.




Travailler, c'est vivre, et j'adore vivre.

le 30 juin 1976 à des journalistes. David Robinson inclut cette citation dans son livre “Chaplin: His Life and Art” de




L'âme de l'homme a reçu des ailes et enfin elle commence à voler.

La fin du film Le Dictateur : “Hannah, est-ce que tu m’entends ? Où que tu sois, lève les yeux ! Lève les yeux, Hannah ! Les nuages se dissipent ! Le soleil perce ! Nous émergeons des ténèbres pour trouver la lumière ! Nous pénétrons dans un monde nouveau, un monde meilleur, où les hommes domineront leur cupidité, leur haine et leur brutalité. Lève les yeux, Hannah ! L’âme de l’homme a reçu des ailes et enfin elle commence à voler. Elle vole vers l’arc-en-ciel, vers la lumière de l’espoir. Lève les yeux, Hannah ! Lève les yeux !”




La vie peut être merveilleuse si on n’en a pas peur. Il suffit de courage, d’imagination... et d’un peu de fric"

D’une scène des Feux de la rampe




Nous voudrions tous nous aider si nous le pouvions, les êtres humains sont ainsi faits.

Le discours final du film Le Dictateur




Rien n’est permanent dans ce monde méchant - même pas nos problèmes.

D’une scène de Monsieur Verdoux




Un vagabond, un gentleman, un poète, un réveur, un type esseulé, toujours épris de romanesque et d'aventure.

De “Histoire de ma vie” :
“Le sécret de la réussite de Mack Sennett, c’était son enthousiasme. Il était un merveilleux public, et il riait de bon coeur devant ce qu’il trouvait drôle. Il se tordit littéralement de rire. Cela m’encouragea et j’entrepris d’expliquer le personnage :
Ce personnage a plusieurs facettes; c’est en même temps un vagabond, un gentleman, un poète, un réveur, un type esseulé, toujours épris de romanesque et d’aventure. Il voudrait vous faire croire qu’il est un savant, un musicien, un duc, un joueur de polo. Mais il ne dédaigne pas ramasser des mégots ni chiper son sucre d’orge à un bébé. Et, bien sûr, si l’occasion s’en présente, il flanquera volontiers un coup de pied dans le derrière d’une dame… mais uniquement s’il est furieux !
Je continuai ainsi pendant une dizaine de minutes, et Sennett n’arrêtait pas de rire.
- Bon, fit il, viens sur le plateau et voyons un peu de quoi tu es capable.




Un meurtre crée un criminel, des millions de meurtres créent un héros. Les nombres sanctifient, mon cher ami.

Avant d’être guillotiné, Henri Verdoux dit ceci à à un journaliste dans Monsieur Verdoux




Je suis un citoyen du monde.

”‘Pourquoi n’êtes-vous pas devenu citoyen américain ?’ demanda une autre voix. ‘Je ne vois aucune raison de changer de nationalité. Je me considère comme un citoyen du monde,’ répondis-je.” - extrait de “Histoire de ma vie” de Charles Chaplin

Le dialogue ci-dessus eut lieu à la conférence de presse suivant la première de Monsieur Verdoux à New York, où des journalistes hostiles se refusèrent à parler du film mais lui posèrent avec insistance des questions sur ses opinions politiques, son patriotisme, ses problèmes d’impôts et son refus d’adopter la nationalité américaine.

Chaplin a également dit : “I consider myself a citizen of the world, an internationalist… I just happen to have been born in London, England. It could have been Burma or China or Timbuktu, I’d still be the way I am. I’d keep my first citizenship because, being an accident of birth, it wouldn’t have any real significance. But wherever I live I’ll conform to the rules, laws and regulations of that country.” - Dans “My Father, Charlie Chaplin” de Charles Chaplin Jr.

Lors d’un discours à Carnegie Hall en 1942 Chaplin déclara, “I’m not a citizen, I don’t need citizenship papers, and I’ve never had patriotism in that sense for any country, but I’m a patriot to humanity as a whole. I’m a citizen of the world. If the Four Freedoms mean anything after this war, we don’t bother about whether we are citizens of one country or another.”

Plus tard, en 1948, Chaplin dit à un interrogateur américain du Service d’immigration et de naturalisation, “I consider myself as much a citizen of America as anybody else and my great love has always been here in this country […] at the same time I don’t feel I am allied to any one particular country. I feel I am a citizen of the world. I feel that when the day comes and we have the barriers down and so forth so the people come and go all around the world and be a part of any country, and I have alwyas felt that about citizenship.”




L'amour parfait est ce qu'il y a de plus magnifique au monde, mais de plus décevant aussi, car c'est plus qu'on ne peut exprimer.

Dans “Histoire de ma vie”, Chaplin écrit : “Schopenhauer a dit que le bonheur est un état négatif, mais je ne suis pas d’accord. Depuis ces vingt dernières années, je sais ce que signifie le bonheur. J’ai la bonne fortune d’être le mari d’une femme merveilleuse. Je voudrais pouvoir en écrire plus long là-dessus, mais c’est d’amour qu’il s’agit, et l’amour parfait est ce qu’il y a de plus magnifique au monde, mais de plus décevant aussi, car c’est plus qu’on ne peut exprimer. En vivant avec Oona, je découvre sans cesse les beautés profondes de son caractère. Même lorsqu’elle marche devant moi sur les trottoirs de Vevey avec une simple dignité, sa petite silhouette bien droite, ses cheveux noirs bien tirés en arrière et révélant quelques fils d’argent, une vague d’amour et d’admiration déferle soudain sur moi quand je songe à tout ce qu’elle est, et j’ai la gorge serrée.”




Tendons vers l'impossible. Souvenez-vous que les grands exploits à travers l'histoire ont été la conquête de ce qui semblait l'impossible.

Du discours intitulé “Pour soutenir les efforts du président en faveur de l’ouverture d’un second front !”, Madison Square Park, 22 juillet 1942. Cité dans “Histoire de ma vie” :
“Fixons-nous comme but la victoire au printemps. Vous dans les usines, vous dans les champs, vous sous l’uniforme, vous citoyens du monde, travaillons tous et combattons pour cette fin. Vous, le gouvernement de Washington, et vous le gouvernement de Londres, que cela soit notre but : la victoire au printemps.
Si nous cramponnons à cette idée, si nous travaillons avec cette idée, si nous vivons avec elle, elle créera un état d’esprit qui accroîtra notre énergie et accélérera notre rythme.
Tendons vers l’impossible. Souvenez-vous que les grands exploits à travers l’histoire ont été la conquête de ce qui semblait l’impossible.”




Je suis ce que je suis : un individu, unique et différent.

Somerset Maugham écrivit sur Chaplin : « Charlie Chaplin… il amuse de façon simple, charmante et spontanée. Et cependant on a tout le temps l’impression que derrière tout cela se dissimule une profonde mélancolie. C’est un être à l’humeur changeante et il n’est pas nécessaire de rappeler sa facétieuse déclaration : ‘Oh, j’avais une telle crise de cafard hier soir que je ne savais pas quoi faire de moi’ pour vous faire comprendre que son humour est doublé de tristesse. Il ne vous donne pas l’impression d’être un homme heureux. J’ai le sentiment qu’il souffre d’une certaine nostalgie des faubourgs. La célébrité dont il jouit, sa richesse, l’emprisonnement dans un mode de vie où il ne trouve que contrainte. Je crois qu’il se rappelle la liberté de sa jeunesse difficile, toute de pauvreté et d’amères privations, avec une nostalgie dont il sait qu’elle ne pourra jamais être satisfaite. Pour lui, les rues du sud de Londres sont le théâtre de mille divertissements, d’aventures gaies et extravagantes… je l’imagine entrant dans sa maison et se demandant ce qu’il peut bien faire dans la demeure de cet étranger. Je soupçonne que le seul endroit qu’il puisse jamais considérer comme un foyer, c’est ce premier étage sur cour de Kennington Road. Un soir, je me promenais avec lui à Los Angeles, et nos pas finirent par nous conduire dans le plus pauvre quartier de la ville. Il y avait maisons de rapport sordides et des boutiques tout à la fois miteuses et criardes, où l’on vend les diverses denrées que les pauvres achètent au jour le jour. Son visage s’illumina et ce fut d’un ton plein d’entrain qu’il s’exclama : ‘Tenez, c’est ça la vraie vie, vous ne trouvez pas ? Tout le reste n’est que de la frime.’ » Cependant, dans « Histoire de ma vie », Chaplin écrivit « Cette façon de vouloir rendre la pauvreté séduisante pour autrui est agaçante. Je n’ai encore jamais rencontré un pauvre qui ait la nostalgie de la pauvreté, ni qui trouve là la liberté. Pas plus que Mr Maugham ne pourrait convaincre que la célébrité et la grande richesse sont synonymes de contrainte. Je ne trouve aucune contrainte dans la richesse, au contraire, j’y trouve beaucoup de liberté. » Plus loin Chaplin conclut, « Malgré ce que prétend Maugham, comme tout le monde, je suis ce que je suis : un individu, unique et différent, avec derrière moi tout l’héritage de désirs et de besoins ancestraux, avec tous les rêves, les désirs et les expériences personnelles dont je suis la somme. »




La vie est une tragédie quand elle est vue en gros plan, mais c'est une comédie en plan d'ensemble.

Dans “The Baggy-Trousered Philanthropist” de Richard Roud paru dans The Guardien le 28 décembre 1977




Je n'ai encore jamais rencontré un pauvre qui ait la nostalgie de la pauvreté.

Extrait de “Histoire de ma vie” : “Je n’ai encore jamais rencontré un pauvre qui ait la nostalgie de la pauvreté, ni qui trouve là la liberté …
Je n’ai trouvé la pauvreté ni séduisante ni édifiante. Elle ne m’a rien enseigné qu’à déformer les valeurs, qu’à surestimer les vertus et les grâces des classes riches et soi-disant supérieures.”




La vie et la mort sont des événements trop précis, trop implacables pour être accidentels.

Extrait de “Histoire de ma vie” : “Je vis un jour sur une pierre tombale dans le midi de la France la photographie d’une souriante jeune fille de quatorze ans, et gravé dessous, un seul mot: ‘Pourquoi?’ Dans le désarroi du chagrin, il est vain de chercher une réponse. Cela ne vous conduit qu’à moraliser à tort et à travers et qu’à se tourmenter… mais cela ne veut pourtant pas dire qu’il n’y ait pas de réponse. Je ne peux pas croire que notre existence soit sans signification, qu’elle ne soit qu’un pur accident, comme certains savants voudraient nous l’affirmer. La vie et la mort sont des événements trop précis, trop implacables pour être accidentels.”




Je n'ai pas la foi, mais je ne suis pas résolument incrédule non plus.

Extrait de “Histoire de ma vie” : “Je n’ai pas la foi, mais je ne suis pas résolument incrédule non plus. Ce qui peut être imaginé approche autant de la vérité que ce qui peut être prouvé mathématiquement. On peut toujours approcher la vérité par le raisonnement ; cela nous enferme dans un moule de pensées géométriques qui exigent de la logique et de la crédibilité. Nous voyons les morts dans nos rêves et nous les acceptons comme vivants, tout en sachant qu’ils sont morts. Et bien que dans le rêve l’esprit bannisse toute raison, n’a-t-il pas sa propre crédibilité ? Il y a des choses qui dépassent la raison. Comment pouvons-nous comprendre ce qu’est le millième d’un milliardième de seconde ? Les mathématiques nous disent pourtant que cela doit exister.”




Dans le royaume de l'inconnu il existe d'immenses réserves d'énergie pour le bien.

Extrait de “Histoire de ma vie” : “J’ai foi dans l’inconnu, dans tout ce que nous ne comprenons pas par la raison ; je crois que ce qui dépasse notre entendement est un simple fait dans d’autres dimensions, et que dans le royaume de l’inconnu il existe d’immenses réserves d’énergie pour le bien.”




Tu ne trouveras jamais d'arc-en-ciel si tu ne lèves pas les yeux.

En anglais : “You’ll never find rainbows if you’re looking down.” Des paroles de “Swing Little Girl”, la chanson au début du film Le Cirque.




La foi est l'élément précurseur de toutes nos idées.

Extrait de “Histoire de ma vie” : “A mesure que je vieillis, je suis de plus en plus préoccupé par la foi. Elle joue dans notre vie un rôle plus important que nous croyons et nous permet d’accomplir plus que nous ne l’imaginons. Je crois que la foi est l’élément précurseur de toutes nos idées. Sans la foi, on n’aurait jamais pu inventer des hypothèses, des théories, des sciences ni des mathématiques. Je suis convaincu que la foi est un prolongement de l’esprit. Nier la foi, c’est se condamner soi-même ainsi que l’esprit qui engendre toutes nos forces créatrices.”




L'art était une émotion supplémentaire qui venait s'ajouter à une technique habile.

Extrait de “Histoire de ma vie” : “Il semble que chaque fois que l’on discute art, j’ai une explication différente à proposer. Et pourquoi pas ? Je déclarai ce soir-là que l’art était une émotion supplémentaire qui venait s’ajouter à une technique habile. Quelqu’un se mit à parler de religion, et j’avouai que je n’étais pas croyant.
‘Mais comment pouvez-vous pratiquer l’art sans la religion ?’ dit soudain Rachmaninov.
Je fus un instant déconcerté.
‘Je ne crois pas que nous parlons de la même chose,’ répondis-je. Ma conception de la religion, c’est la croyance en un dogme… et l’art est un sentiment plus qu’une croyance.
‘La religion aussi,’ répondit-il.
Après cela, je préférai me taire.




La chose la plus triste que je puisse imaginer, c'est de s'habituer au luxe.

Extrait de “Histoire de ma vie” : “La chose la plus triste que je puisse imaginer, c’est de s’habituer au luxe. Chaque jour, j’entrais au Carlton comme dans un paradis doré. Etre riche à Londres faisait de chaque instant de ma vie une aventure passionnante. Le monde était un divertissement.”




Je n'avais aucune idée du personnage que j'allais jouer. Mais dès l'instant où je fus habillé, les vêtements et le maquillage me firent sentir ce qu'il était. Je commençai à le découvrir et lorsque j'arrivai sur le plateau, il était créé de toutes pièces.

Extrait de “Histoire de ma vie” : “Je n’avais aucune idée du personnage que j’allais jouer. Mais dès l’instant où je fus habillé, les vêtements et le maquillage me firent sentir ce qu’il était. Je commençai à le découvrir et lorsque j’arrivai sur le plateau, il était créé de toutes pièces. Quand je me présentai devant Sennett, j’étais dans la peau du personnage, j’avançais d’un pas avantageux en faisant des moulinets avec ma canne. Des gags, des idées comiques se pressaient dans ma tête.”




Je me dis que j'allais mettre un pantalon trop large, de grandes chaussures et agrémenter le tout d'une canne et d'un melon. Je voulais que tout fût en contraction : le pantalon exagérément large, l'habit étroit, le chapeau trop petit et les chaussures énormes.

Extrait de “Histoire de ma vie” : “Je ne savais absolument pas comment je devais me maquiller. Ma tenue de reporter ne me plaisait pas. Mais, sur le chemin du vestiaire, je me dis que j’allais mettre un pantalon trop large, de grandes chaussures et agrémenter le tout d’une canne et d’un melon. Je voulais que tout fût en contraction : le pantalon exagérément large, l’habit étroit, le chapeau trop petit et les chaussures énormes. Je me demandais si je devais avoir l’air jeune ou vieux, mais, me souvenant que Sennett m’avait cru plus âgé, je m’ajoutai une petite moustache qui, me semblait-il, me donnerait quelques années de plus sans dissimuler mon expression.”




Il y a plus de faits et de détails valables dans les œuvres d'art qu'il n'y en a dans les livres d'histoire.

Extrait de “Histoire de ma vie” : “Son [Sergei M. Eisenstein] film, Ivan le Terrible, que je vis après la Seconde Guerre mondiale, est pour moi le sommet de tous les films historiques. Il traite l’histoire de façon poétique, ce qui est un excellent procédé. Quand je me rends compte à quel point des événements récents ont été déformés, l’histoire en tant que telle ne fait qu’éveiller mon scepticisme. Alors qu’une interprétation poétique donne l’atmosphère générale de la période en question. Après tout, il y a plus de faits et de détails valables dans les œuvres d’art qu’il n’y en a dans les livres d’histoire.”




Mon grand péché fut, et est toujours, d'être un non-conformiste.

Dans “Histoire de ma vie” : “ Des amis m’ont demandé comment j’en suis arrivé à m’attirer une pareille hostilité des Américains. Mon grand péché fut, et est toujours, d’être un non-conformiste. Bien que je ne sois pas communiste, j’ai refusé de suivre le mouvement en les détestant. Cela a choqué beaucoup de gens […]
Ensuite, j’étais hostile à la Commission des activités anti-américaines : un titre malhonnête pour commencer, assez élastique pour permettre d’étouffer la voix de tout citoyen américain dont l’opinion n’est pas celle de la majorité.
Enfin, je n’ai jamais cherché à devenir citoyen américain.”




Dans toute vérité il y a la semence du mensonge.

Extrait de “Histoire de ma vie” : “Quant aux termes métaphysiques tant rebattus de ‘vérité’, il en existe différentes formes et une vérité en vaut bien une autre. Le jeu classique de la Comédie Française est aussi crédible que le prétendu jeu réaliste d’une pièce d’Ibsen ; les deux sont dans le domaine de l’artificiel et conçus pour donner l’illusion de la vérité… au fond, dans toute vérité il y a la semence du mensonge.”




J'espère que nous abolirons la guerre et résoudrons tous les différends à la table des négociations.

En réponse à un journaliste l’interrogeant sur l’avenir de l’humanité lors de son 70e anniversaire (le 16 avril 1959) : “J’espère que nous abolirons la guerre et résoudrons tous les différends à la table des négociations. . . J’espère que nous anéantirons toutes les bombes atomiques ou à hydrogène avant qu’elles ne nous anéantissent.”




Ou bien l'on se montre à la hauteur des circonstances, ou bien l'on s'écroule.

Dans “Histoire de ma vie” en décrivant la première de The Football Match de la troupe Karno, Chaplin écrit : “J’arpentais les coulisses au fond de l’énorme scène, en priant, l’angoisse se superposant à la peur. La musique éclata ! Le rideau se leva ! En scène se trouvait un groupe d’hommes qui faisaient de la gymnastique. Ils finirent par sortir, laissant la scène vide. C’était alors que devais entrer. Je m’avançai, en proie à toutes les émotions imaginables. Ou bien l’on se montre à la hauteur des circonstances, ou bien l’on s’écroule. Dès le moment où je mis le pied sur les planches, je fus soulagé, tout me parut clair.”




La vie est l'expression d'un constant désir,

Extrait de “Histoire de ma vie” : “La vie est l’expression d’un constant désir, personne n’est jamais satisfait.”




A cause d'un coup d'œil, de quelques mots au début [...], en quelques minutes, toute la vie se trouve changée, toute la nature sympathise avec nous, et révèle soudain ses joies cachées.

Dans “Histoire de ma vie”, Chaplin écrit : “A seize ans, ma conception de l’idylle m’avait été inspirée par une affiche de théâtre représentant une jeune fille debout sur une falaise, avec le vent qui lui soufflait dans les cheveux. Je m’imaginais jouant au golf avec elle - un jeu que j’ai en horreur - arpentant des dunes humides de rosée, me laissant aller aux palpitations du sentiment, de la santé et de la nature. C’était cela l’idylle romanesque. Mais un jeune amour, c’est autre chose. Cela se conforme généralement à un modèle bien précis. A cause d’un coup d’œil, de quelques mots au début (généralement des mots stupides), en quelques minutes, toute la vie se trouve changée, toute la nature sympathise avec nous, et révèle soudain ses joies cachées.”




[Les talkies] sont venus gâcher l'art le plus ancien du monde, l'art de la pantomime ; ils anéantissent la grande beauté du silence.

D’une interview avec Gladys Hall, Motion Picture Magazine, mai 1929: “Les talkies, vous pouvez dire que je les déteste. Ils sont venus gâcher l’art le plus ancien du monde, l’art de la pantomime ; ils anéantissent la grande beauté du silence. Ils jettent à bas l’édifice actuel de l’écran, ce courant qui a créé les vedettes, les cinéphiles, l’immense popularité du cinéma, l’appel de la beauté. Car c’est la beauté qui importe le plus au cinéma.”




Sentimentalement, il est affamé, il est perpétuellement à la recherche de l’amour, mais ses pas le mènent toujours ailleurs.

Extrait de “Mon tour du monde” : “On me demanda de me déguiser pour jouer dans le film de Mabel Normand, qui se déroulait dans un hôtel. Dans la garde-robe, je choisis un pantalon flottant, une redingote étriquée, un petit chapeau melon et une paire de chaussures trop grandes. Je souhaitais que mes vêtements constituent un amas de contradictions, convaincu d’un point de vue pictural que ma nouvelle silhouette se détacherait parfaitement sur l’écran. Pour la touche comique, j’ajoutai une petite moustache, qui ne cacherait pas mes mimiques. Mon allure enchanta tout le monde, même M. Sennett. Mon accoutrement communiquait l’esprit du personnage : un homme doté d’une âme et de convictions. J’en dressai le portrait à M. Sennett : « Sentimentalement, il est affamé, il est perpétuellement à la recherche de l’amour, mais ses pas le mènent toujours ailleurs. » Avant même d’être présenté au public, ledit personnage remporta un joli succès auprès des membres du studio.”




Aider un ami dans le besoin est facile, mais lui donner votre temps n'es pas toujours opportun.

Extrait de “Histoire de ma vie” : “On a écrit bien des absurdités à propos de ma mélancolie profonde et de mon goût de la solitude. Peut-être n’ai-je jamais eu besoin d’avoir trop d’amis : la célébrité les attire aveuglément. J’aime mes amis comme j’aime la musique, quand je suis dans la disposition d’esprit qu’il faut. Aider un ami dans le besoin est facile, mais lui donner votre temps n’es pas toujours opportun. Au faîte de ma popularité, amis et relations envahissaient ma vie à l’excès. Mais comme je suis tout à la fois extraverti et introverti, quand ce second aspect de mon tempérament prévalait, il me fallait échapper à tout cela. Cela explique peut-être ces articles où l’on écrivait que j’étais insaisissable, solitaire et incapable d’une amitié véritable. C’est absurde. J’ai un ou deux très bons amis qui illuminent mon horizon, et quand je suis avec eux, je passe en général d’agréables moments.” Dans “Mon Tour du monde”, Chaplin écrit : “Personne ne peut trouver le temps de voir tous ses amis et, comme je suis incapable de faire des projets à trop long terme, il ne me reste qu’une solution si je ne veux offenser personne : faire mes bagages et partir.”




Si quelques malheureuses comédies burlesques parvenaient à provoquer un pareil enthousiasme, n'y avait-il pas quelque chose de faux dans la célébrité ?

Extrait de “Histoire de ma vie” : La grande gare de Kansas City était bourrée de badauds. La police avait du mal à canaliser la foule qui s’assemblait dehors. On plaça une échelle contre le train pour que je puisse monter sur le toit et me montrer à la foule. Je me surpris à répéter les mêmes banalités qu’à Amarillo. D’autres télégrammes m’attendaient : accepterais-je de visiter les écoles et les collèges ? Je les fourrai dans ma valise pour répondre de New York. De Kansas City à Chicago, il y avait encore des gens aux stations et dans les champs, qui faisaient des signes au passage du train. J’aurais voulu savourer tout cela pleinement, mais je ne cessais de penser que le monde était devenu fou ! Si quelques malheureuses comédies burlesques parvenaient à provoquer un pareil enthousiasme, n’y avait-il pas quelque chose de faux dans la célébrité ? J’avais toujours pensé que j’aimerais être populaire et maintenant que je l’étais, voilà que, par un étrange paradoxe, je me sentais isolé et en proie à un accablant sentiment d’esseulement.”




Je n'ai pourtant pas eu besoin de lire des livres pour savoir que le grand thème de la vie, c'est la lutte et aussi la souffrance.

Extrait de “Histoire de ma vie” : “Je ne tenterai pas de plonger dans les profondeurs de la psychanalyse pour expliquer le comportement des hommes, qui est aussi inexplicable que la vie elle-même. Plus que la sexualité ou que les aberrations infantiles, je crois que c’est l’atavisme qui est à l’origine de la plupart des conceptions qui nous guident ; je n’ai pourtant pas eu besoin de lire des livres pour savoir que le grand thème de la vie, c’est la lutte et aussi la souffrance. Instinctivement, toutes mes clowneries s’appuyaient là-dessus. Ma méthode pour organiser l’intrigue d’une comédie était simple : cela consistait à plonger des personnages dans les ennuis et à les en faire sortir.”




Les machines devraient faire le bien de l’humanité au lieu de provoquer tragédie et chômage.

D’une interview avec Flora Merrill, New York World, février 1931 : “Le chômage est la question vitale … Les machines devraient faire le bien de l’humanité au lieu de provoquer tragédie et chômage.” “S’il existe un espoir pour l’avenir, il me semble qu’un changement radical doit se produire pour faire face à ces conditions. Quelque chose ne va pas. Les choses ont été mal gérées pour que cinq millions d’hommes soient au chômage dans le pays le plus riche du monde. Je pense que quelque chose va mal avec nos méthodes de production et nos systèmes de crédit. Je parle bien sûr en tant que profane, comme des milliers d’autres déconcertés devant cette situation très grave.”




Ce n'est pas la réalité qui compte dans un film, mais ce que l'imagination peut en faire.

Extrait de “Histoire de ma vie” : “… J’étais déprimé par la remarque d’un jeune critique qui avait dit que Les Lumières de la ville était un excellent film, mais que c’était au bord du sentimentalisme, et que dans mes œuvres futures, je devrais essayer de m’approcher du réalisme. Je trouvais qu’il avait raison. Si j’avais su quoi faire, j’aurais pu lui dire que le prétendu réalisme est souvent artificiel, fabriqué, prosaïque et ennuyeux ; et que ce n’est pas la réalité qui compte dans un film, mais ce que l’imagination peut en faire.”




Tous les enfants, sous une forme ou une autre, ont du génie : le tout, c'est de le faire apparaître.

En parlant de Jackie Coogan dans “Histoire de ma vie” : “Il paraît que les bébés et les chiens sont les meilleurs acteurs de cinéma. Mettez un bébé d’un an dans une baignoire avec une savonnette, et rien qu’en essayant de la ramasser, il fera rire toute une salle. Tous les enfants, sous une forme ou une autre, ont du génie : le tout, c’est de le faire apparaître.”




Nos tragédies sont ce que nous en faisons.

Extrait de “Mon tour du monde” : “À mon arrivée [à New York], j’invite le célèbre caricaturiste et écrivain Ralph Barton à m’accompagner en Europe. Il m’avoue qu’il est déprimé et qu’il a tenté de se suicider il y a peu. Pauvre Ralph ! J’invoque alors son amour-propre et clame que je ne me laisserais jamais vaincre par la vie, avant d’ajouter : ‘Rien n’est grave, sauf la douleur physique. Nos tragédies sont ce que nous en faisons.’”




C'est toujours l'inattendu qui survient, dans le cinéma comme dans la vie réelle.

D’une lettre de Chaplin à Hetty Kelly, le 18 juillet 1918: “Chère Hetty, C’est toujours l’inattendu qui survient, dans le cinéma comme dans la vie réelle. Vous pouvez donc imaginer quel plaisir inespéré j’ai éprouvé en trouvant votre lettre ce matin sur mon bureau…