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Citations de Chaplin


La vie est une tragédie quand elle est vue en gros plan, mais c'est une comédie en plan d'ensemble.

Dans “The Baggy-Trousered Philanthropist” de Richard Roud paru dans The Guardien le 28 décembre 1977




Je n'ai encore jamais rencontré un pauvre qui ait la nostalgie de la pauvreté.

Extrait de “Histoire de ma vie” : “Je n’ai encore jamais rencontré un pauvre qui ait la nostalgie de la pauvreté, ni qui trouve là la liberté …
Je n’ai trouvé la pauvreté ni séduisante ni édifiante. Elle ne m’a rien enseigné qu’à déformer les valeurs, qu’à surestimer les vertus et les grâces des classes riches et soi-disant supérieures.”




La vie et la mort sont des événements trop précis, trop implacables pour être accidentels.

Extrait de “Histoire de ma vie” : “Je vis un jour sur une pierre tombale dans le midi de la France la photographie d’une souriante jeune fille de quatorze ans, et gravé dessous, un seul mot: ‘Pourquoi?’ Dans le désarroi du chagrin, il est vain de chercher une réponse. Cela ne vous conduit qu’à moraliser à tort et à travers et qu’à se tourmenter… mais cela ne veut pourtant pas dire qu’il n’y ait pas de réponse. Je ne peux pas croire que notre existence soit sans signification, qu’elle ne soit qu’un pur accident, comme certains savants voudraient nous l’affirmer. La vie et la mort sont des événements trop précis, trop implacables pour être accidentels.”




Je n'ai pas la foi, mais je ne suis pas résolument incrédule non plus.

Extrait de “Histoire de ma vie” : “Je n’ai pas la foi, mais je ne suis pas résolument incrédule non plus. Ce qui peut être imaginé approche autant de la vérité que ce qui peut être prouvé mathématiquement. On peut toujours approcher la vérité par le raisonnement ; cela nous enferme dans un moule de pensées géométriques qui exigent de la logique et de la crédibilité. Nous voyons les morts dans nos rêves et nous les acceptons comme vivants, tout en sachant qu’ils sont morts. Et bien que dans le rêve l’esprit bannisse toute raison, n’a-t-il pas sa propre crédibilité ? Il y a des choses qui dépassent la raison. Comment pouvons-nous comprendre ce qu’est le millième d’un milliardième de seconde ? Les mathématiques nous disent pourtant que cela doit exister.”




Dans le royaume de l'inconnu il existe d'immenses réserves d'énergie pour le bien.

Extrait de “Histoire de ma vie” : “J’ai foi dans l’inconnu, dans tout ce que nous ne comprenons pas par la raison ; je crois que ce qui dépasse notre entendement est un simple fait dans d’autres dimensions, et que dans le royaume de l’inconnu il existe d’immenses réserves d’énergie pour le bien.”




La foi est l'élément précurseur de toutes nos idées.

Extrait de “Histoire de ma vie” : “A mesure que je vieillis, je suis de plus en plus préoccupé par la foi. Elle joue dans notre vie un rôle plus important que nous croyons et nous permet d’accomplir plus que nous ne l’imaginons. Je crois que la foi est l’élément précurseur de toutes nos idées. Sans la foi, on n’aurait jamais pu inventer des hypothèses, des théories, des sciences ni des mathématiques. Je suis convaincu que la foi est un prolongement de l’esprit. Nier la foi, c’est se condamner soi-même ainsi que l’esprit qui engendre toutes nos forces créatrices.”




L'art était une émotion supplémentaire qui venait s'ajouter à une technique habile.

Extrait de “Histoire de ma vie” : “Il semble que chaque fois que l’on discute art, j’ai une explication différente à proposer. Et pourquoi pas ? Je déclarai ce soir-là que l’art était une émotion supplémentaire qui venait s’ajouter à une technique habile. Quelqu’un se mit à parler de religion, et j’avouai que je n’étais pas croyant.
‘Mais comment pouvez-vous pratiquer l’art sans la religion ?’ dit soudain Rachmaninov.
Je fus un instant déconcerté.
‘Je ne crois pas que nous parlons de la même chose,’ répondis-je. Ma conception de la religion, c’est la croyance en un dogme… et l’art est un sentiment plus qu’une croyance.
‘La religion aussi,’ répondit-il.
Après cela, je préférai me taire.




La chose la plus triste que je puisse imaginer, c'est de s'habituer au luxe.

Extrait de “Histoire de ma vie” : “La chose la plus triste que je puisse imaginer, c’est de s’habituer au luxe. Chaque jour, j’entrais au Carlton comme dans un paradis doré. Etre riche à Londres faisait de chaque instant de ma vie une aventure passionnante. Le monde était un divertissement.”




Je n'avais aucune idée du personnage que j'allais jouer. Mais dès l'instant où je fus habillé, les vêtements et le maquillage me firent sentir ce qu'il était. Je commençai à le découvrir et lorsque j'arrivai sur le plateau, il était créé de toutes pièces.

Extrait de “Histoire de ma vie” : “Je n’avais aucune idée du personnage que j’allais jouer. Mais dès l’instant où je fus habillé, les vêtements et le maquillage me firent sentir ce qu’il était. Je commençai à le découvrir et lorsque j’arrivai sur le plateau, il était créé de toutes pièces. Quand je me présentai devant Sennett, j’étais dans la peau du personnage, j’avançais d’un pas avantageux en faisant des moulinets avec ma canne. Des gags, des idées comiques se pressaient dans ma tête.”




Je me dis que j'allais mettre un pantalon trop large, de grandes chaussures et agrémenter le tout d'une canne et d'un melon. Je voulais que tout fût en contraction : le pantalon exagérément large, l'habit étroit, le chapeau trop petit et les chaussures énormes.

Extrait de “Histoire de ma vie” : “Je ne savais absolument pas comment je devais me maquiller. Ma tenue de reporter ne me plaisait pas. Mais, sur le chemin du vestiaire, je me dis que j’allais mettre un pantalon trop large, de grandes chaussures et agrémenter le tout d’une canne et d’un melon. Je voulais que tout fût en contraction : le pantalon exagérément large, l’habit étroit, le chapeau trop petit et les chaussures énormes. Je me demandais si je devais avoir l’air jeune ou vieux, mais, me souvenant que Sennett m’avait cru plus âgé, je m’ajoutai une petite moustache qui, me semblait-il, me donnerait quelques années de plus sans dissimuler mon expression.”




Rien n’est permanent dans ce monde méchant - même pas nos problèmes.

D’une scène de Monsieur Verdoux




Je suis en paix avec Dieu. Mon conflit est avec l'homme.

D’une scène de Monsieur Verdoux




Dans toute vérité il y a la semence du mensonge.

Extrait de “Histoire de ma vie” : “Quant aux termes métaphysiques tant rebattus de ‘vérité’, il en existe différentes formes et une vérité en vaut bien une autre. Le jeu classique de la Comédie Française est aussi crédible que le prétendu jeu réaliste d’une pièce d’Ibsen ; les deux sont dans le domaine de l’artificiel et conçus pour donner l’illusion de la vérité… au fond, dans toute vérité il y a la semence du mensonge.”




J'espère que nous abolirons la guerre et résoudrons tous les différends à la table des négociations.

En réponse à un journaliste l’interrogeant sur l’avenir de l’humanité lors de son 70e anniversaire (le 16 avril 1959) : “J’espère que nous abolirons la guerre et résoudrons tous les différends à la table des négociations. . . J’espère que nous anéantirons toutes les bombes atomiques ou à hydrogène avant qu’elles ne nous anéantissent.”




Ou bien l'on se montre à la hauteur des circonstances, ou bien l'on s'écroule.

Dans “Histoire de ma vie” en décrivant la première de The Football Match de la troupe Karno, Chaplin écrit : “J’arpentais les coulisses au fond de l’énorme scène, en priant, l’angoisse se superposant à la peur. La musique éclata ! Le rideau se leva ! En scène se trouvait un groupe d’hommes qui faisaient de la gymnastique. Ils finirent par sortir, laissant la scène vide. C’était alors que devais entrer. Je m’avançai, en proie à toutes les émotions imaginables. Ou bien l’on se montre à la hauteur des circonstances, ou bien l’on s’écroule. Dès le moment où je mis le pied sur les planches, je fus soulagé, tout me parut clair.”




La vie est l'expression d'un constant désir,

Extrait de “Histoire de ma vie” : “La vie est l’expression d’un constant désir, personne n’est jamais satisfait.”




A cause d'un coup d'œil, de quelques mots au début [...], en quelques minutes, toute la vie se trouve changée, toute la nature sympathise avec nous, et révèle soudain ses joies cachées.

Dans “Histoire de ma vie”, Chaplin écrit : “A seize ans, ma conception de l’idylle m’avait été inspirée par une affiche de théâtre représentant une jeune fille debout sur une falaise, avec le vent qui lui soufflait dans les cheveux. Je m’imaginais jouant au golf avec elle - un jeu que j’ai en horreur - arpentant des dunes humides de rosée, me laissant aller aux palpitations du sentiment, de la santé et de la nature. C’était cela l’idylle romanesque. Mais un jeune amour, c’est autre chose. Cela se conforme généralement à un modèle bien précis. A cause d’un coup d’œil, de quelques mots au début (généralement des mots stupides), en quelques minutes, toute la vie se trouve changée, toute la nature sympathise avec nous, et révèle soudain ses joies cachées.”




[Les talkies] sont venus gâcher l'art le plus ancien du monde, l'art de la pantomime ; ils anéantissent la grande beauté du silence.

D’une interview avec Gladys Hall, Motion Picture Magazine, mai 1929: “Les talkies, vous pouvez dire que je les déteste. Ils sont venus gâcher l’art le plus ancien du monde, l’art de la pantomime ; ils anéantissent la grande beauté du silence. Ils jettent à bas l’édifice actuel de l’écran, ce courant qui a créé les vedettes, les cinéphiles, l’immense popularité du cinéma, l’appel de la beauté. Car c’est la beauté qui importe le plus au cinéma.”




Sentimentalement, il est affamé, il est perpétuellement à la recherche de l’amour, mais ses pas le mènent toujours ailleurs.

Extrait de “Mon tour du monde” : “On me demanda de me déguiser pour jouer dans le film de Mabel Normand, qui se déroulait dans un hôtel. Dans la garde-robe, je choisis un pantalon flottant, une redingote étriquée, un petit chapeau melon et une paire de chaussures trop grandes. Je souhaitais que mes vêtements constituent un amas de contradictions, convaincu d’un point de vue pictural que ma nouvelle silhouette se détacherait parfaitement sur l’écran. Pour la touche comique, j’ajoutai une petite moustache, qui ne cacherait pas mes mimiques. Mon allure enchanta tout le monde, même M. Sennett. Mon accoutrement communiquait l’esprit du personnage : un homme doté d’une âme et de convictions. J’en dressai le portrait à M. Sennett : « Sentimentalement, il est affamé, il est perpétuellement à la recherche de l’amour, mais ses pas le mènent toujours ailleurs. » Avant même d’être présenté au public, ledit personnage remporta un joli succès auprès des membres du studio.”




L’affection des gens me fait mal, mais d’une magnifique douleur.

Extrait de “Mon tour du monde” : “Une foule attend devant l’hôtel, ce qui me touche là encore. L’affection des gens me fait mal, mais d’une magnifique douleur.”